Ҿ˹˹ѧ
PDF
ePub
[ocr errors]

existima

[ocr errors]

et il n'était pas impossible, même avant l'accomplissement, de voir où elle tendait, et que le règne du Christ ne devait être ni si prochain qu'ils l'espéraient ni tel qu'ils se le figuraient. Mais ceux qui ne le comprirent pas alors virent au moins après coup qu'il ne leur était rien arrivé que le Sauveur ne leur eût prédit; et ce qui ne les éclaira pas d'abord servit depuis à les affermir dans la foi; car aucune parole de JésusChrist n'a été inutile, et cette semence divine n'a jamais manqué de produire son fruit tôt ou tard. 11. Hæc illis audien

tibus adjiciens dixit « Lors donc qu'ils écoutaient les paroles parabolam, co quod » de Jésus » que nous venons de rappor- et

esset prope Jerusalem,

quia ter, « il ajouta une parabole sur ce qu'il rent quod confestim

regnum Dei manifesétait près de Jérusalem, et qu'ils se per- taretur

12. Dixit ergo : Hosuadaient

que le royaume de Dieu pa- mo quidam nobilis a» raîtrait bientôt; il dit donc : Un seigneur ginquam accipere sibi

biit in regionem lonallant dans un pays éloigné pour pren- regnum, et reverti.

13. de» dre possession d'un royaume et s'en re- cem servis suis, dedit

eis decem mnas, et ait venir après, appela dix de ses serviteurs, ad illos : Negotiamini

dum venio. leur partagea dix marcs d'argent s et leur

14. Cives autem ejus » dit : Faites-les valoir jusqu'à ce que je oderant eum : et mise.

runt legationem post » revienne. Mais, comme ceux de son illum, dicentes: Nolu

mus hunc regnare supays le haïssaient, ils envoyèrent des per nos. » députés après lui, pour dire : Nous ne rediret accepto regno : » voulons point de cet homme-là pour quibus dedit pecuni

et jussit vocari » notre roi . Cependant, après avoir pris am, ut sciret quantum

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

:

5

[ocr errors]

15. Et factum est ut

5 A l'exemple de tous les traducteurs, on a employé le terme de marc au lieu de celui de mines, qui n'est point en usage dans notre langue pour dire ce qu'on lui fait signifier ici. La mine judaïque pouvait valoir à peu près quatre

marcs.

6 Il parait par cette façon de parier que ce n'était pas à lui que la députation était envoyée ; car si c'eût été à lui, les députés auraient été chargés de dire : Nous ne voulons pas de vous pour notre roi, et non : Nous ne voulons pas de cet homme-pour notre roi. A qui s'adressait donc l'ambassade ? Au prince, des mains de qui celui-ci allait recevoir la couronne; car le pays dont il s'agissait pour lui d'être roi était celui d'où il était parti. En un mot, ce n'était pas une conquête éloignée qu'il allait faire, c'était la royauté de son pays qu'il allait demander. Avec cette explication on entend tout l'historique de la parabole ; et

[ocr errors][ocr errors]

V

quisque negotiatus es. possession du royaume,

possession du royaume, il revint, et fit 16. Venit autem pri

appeler ses serviteurs auxquels il avait mus dicens : Domine, donné son argent, pour savoir combien mna tua decem mpas

chacun l'avait fait valoir. Le premier acquisivit. 17. Et ait illi : Euge, bone serve, qui vint , dit : Seigneur, votre marc en quia in modico fuisti fidelis, eris potestatem

» a produit dix autres. Il lui répondit : habens super decem

» Voilà qui va bien , bon serviteur. Parce civitates. 18. Et alter venit di- » que vous avez été fidèle dans

peu

de cens : Domine, mna

v choses vous aurez le commandement de fecit quinque

» dix villes. Le second qui vint, dit : Sei19. Et huic ait : Et

gneur,

votre marc en a produit cinq tu esto super quinque civitates.

v autres. Pour vous, lui répondit-il, que 20. Et alter venit di

cinq villes vous soient soumises. Il en cens : Domine, ecce mna tua, quam habui » vint un autre qui dit : Seigneur, voilà repositam in sudario.

» votre argent que j'ai gardé dans un mou? 21. Timui enim te, quia homo austerus

» choir'; car je vous craignais, parce que es: tollis quod non po

» vous êtes un homme sévère. Vous retisuisti,g set metis quod non seminasti.

vrez ce que vous n'avez point avancé ?,

tua

mnas.

1

[ocr errors]

sans cette explication on n'y entend plus rien. Or, cette idée, sous laquelle Jésus-Christ la propose, était très-familière aux Juifs. Leurs princes allaient à Rome demander l'investiture des Etats dont ils devaient être les rois. Le graud Hérode y avait été; après lui, Archélaüs et d'autres princes de sa race y allèrent pour la même raison. Que l'on suppose à présent que l'un d'eux y étant allé dans ce dessein, une partie de la nation envoie une députation à l'empereur pour déclarer qu'ils ne veulent pas de lui; que, malgré cette déclaration, le prétendant l'emporte, qu'il revient; et qu'il se venge de ceux qui s'étaient opposés à ses prétentions : alors on n'aura plus de peine à entendre le sens littéral de la parabole. On doit remarquer encore que celui qui revient avec la qualité de roi n'est point appelé roi lorsqu'il part, mais seulement un seigneur, un homme de qualité, homo nobilis.

' Il est vrai que,, pour faire valoir cet argent, il fallait l'exposer à quelque risque. Cependant ce risque n'était pas une question valable de le laisser oisií. Donc, à parler en général, on est obligé de faire valoir le talent que Dieu nous confie pour l'utilité publique, quoiqu'il s'y rencontre toujours quelque danger. Si le contraire était suivi, il n'y aurait plus ni prérlicateurs, ni confesseurs, ni pasteurs : excepté pourtant les cas où l'on verrait un danger prochain de se perdre soi-même. Alors il faudrait préférer sa propre sûreté au salut du monde entier, et ce serait le lieu d'appliquer cette maxime du Sauveur : Que sert à l'homme de gagner même à Dieu tout l'univers, s'il vient à perdre son âme?

2 On ne voit pas que le maître ait rien redemandé à ceux à qui il n'avait rien

22. Dicit ei : De ore

[ocr errors]
[ocr errors]

» et vous moissonnez ce que vous n'avez point semé. Méchant serviteur, lui dit- tuo te judico, serve ne

quam : sciebas quod il, je vous juge sur vos propres paroles; ego homo austerus » vous dites que je suis un homme sévère sum, tollens quod non

posui, et metens quod qui retire ce que je n'ai point avancé, non seminavi: 23. Et » et qui moissonne ce que je n'ai point cuniam meam ad men

quare non dedisti pe» semé. D'où vient que vous n'avez sam, ut ego veniens

mis mon argent pas

cum usuris utique exà la banque ,

afin

egissem illum? qu'à mon retour je le tirasse avec l'in- 24. Et astantibus di

térêt? Et il dit à ceux qui étaient pré- mnam , et date illi qui • sents : Otez-lui le marc qu'il a, et don- decem mnas habet. » nez-le à celui qui a dix marcs. Ils lui Domine , habet decem v dirent : Seigneur, il en a dix *. Et moi mnas.

3

»

[ocr errors]

xit : Auferte ab illo

25. Et dixerunt ei :

[ocr errors]

:

.

[ocr errors]

confié. On a vu avec quelle magnificence plus que royale il a récompensé le travail et l'industrie de ceux qui ont fait valoir ce qu'il leur avait confié. Il n'était donc pas tel que le mauvais serviteur ose le représenter à lui-même, et celui-ci le calompie pour se justifier. Il en est de même des mauvais chrétiens , qui refusent de rendre à Dieu ce qu'ils lui doivent, parce que Dieu , disent-ils, exige plus qu'on ne peut lui rendre. S'ils disent vrai, Dieu est un tyran ; mais s'ils disent faux, ce sont des impies qui ajoutent à la prévarication le blasphème. Mais à quoi ils ne pensent pas, et ce qu'ils doivent remarquer ici, c'est que cette criminelle apologie ne sert qu'à les rendre plus inexcusables. Car si Dieu est, selon eux, si sévère, qu'il exige de nous plus que nous ne pouvons, pourquoi n'ont-ils pas fait au moins ce qu'ils pouvaient ? Si, ce qui fait horreur à penser, il punira ceux qui ne font pas l'impossible, comment traitera-t-il ceux qui auront omnis le possible? Ceci regarde ceux qui ne font rien par la prétendue impossibilité de faire tout. Le nombre n'en est que trop grand , et l'on n'entend que trop débiter cette erreur, qui est sans contredit la plus pernicieuse de toutes, et la plus destructive des bonnes mæurs. Un relâchement dans la morale ne produit qu'un désordre; mais une morale outrée, jusqu'à être jugée impraticable, en produisant le désespoir, enfante tous les désordres.

Est-il besoin d'avertir que Jésus-Christ ne loue pas ici l'art de faire valoir son argent en le plaçant à intérêt, mais seulement le travail et l'industrie de ceux qui l'ont fail ? De même que, dans un autre endroit, il propose pour exemple, non pas la fraude, mais l'habileté de l'économie infidèle.

2 Puisque les dix marcs lui étaient restés, le maître lui en laissait donc la propriété ; ce qui fait bien voir que, lorsqu'il avait fait travailler ses serviteurs, c'était pour leur profit, et non pour le sien. Il en est de même de Dieu à notre égard. Il vous laisse tout le profit du bien que nous faisons, et n'en veut pour lui que la gloire. Malheur à qui voudrait usurper celle pirt de Dien! il perdrait

26. Dico autem vo- je vous dis qu'à tout homme qui a, on bis, quia omni habenti dabitur, et abunda- » lui donnera, et il sera dans l'abondance; bit : ab eo autem qui » mais, à celui qui n'a pas, on lui ôtera non habet, et quod habet auferetur ab eo. v même ce qu'il a. Pour ce qui est de mes

27. Verumtamen i. ennemis, » ces hommes « qui n'ont point nimicos qui noluerunt me re

» voulu que je fusse leur roi, amenez-les gnare super se, addu.

ici, et faites-les mourir en ma présencite huc, et interficite

meos

illos

[ocr errors]

ante me.'

[ocr errors]
[ocr errors]

Jésus devait partir incessamment de ce monde pour aller recevoir des mains de son Père l'investiture de l'empire souverain qu'il exercera éternellement sur toute la nature. Après son départ, les Juifs, qui devaient être ses premiers sujets , et qui auront été ses meurtriers, combleront la mesure de leurs crimes en persistant à ne vouloir pas qu'il règne sur eux. Ses apôtres et les premiers fidèles qu'ils mettront à mort seront comme les députés qu'ils enverront au ciel déclarer que leur parti est pris , et qu'ils ne le reconnaîtront point pour leur roi. Un jour, il reviendra dans toute la pompe , et avec toute la puissance qui accompagne l'autorité souveraine; il citera à son tribunal ces coupables endurcis, il les forcera à reconnaître enfin ses droits et à confesser leur perfidie, et les livrera aux exécuteurs de ses éternelles vengeances. Ce jour est celui du jugement dernier, dont un autre jour qui doit le précéder, sera la figure. C'est celui où , livrés aux Romains destinés à être les premiers vengeurs du Messie méconnu et outragé, des millions de ces misérables périront par le fer et par le feu. Voilà quel est l'objet principal de cette parabole prophétique. Nous avons dit que même avant l'événement on pouvait entrevoir le sens qu'elle renferme, parce qu'on y voit clairement le départ de ce roi , figure du Messie, pour un pays éloigné, sa longue absence, et son retour signalé par des châtiments qu'une rébellion opniâtre n'avait que trop jus

[ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors]

par là tout le profit; et au lieu de cetle gloire, l'objet de sa folle ambition, il n'aurait que la honte de n'avoir pas su discerner ce qui appartenait à Dieu, et ce qui lui convenait à lui-même.

tement mérités. La reddition decompte par les serviteurs, quoiqu'elle occupe une place si considérable dans la parabole, n'en est donc qu'une partie intégrante? Cela est vrai; mais cette partie n'en est pas pour cela moins utile. C'est l'instruction des chrétiens, jointe à l'instruction des Juifs. Jésus-Christ, qui parlait du jugement, a voulu se servir de cette occasion pour nous apprendre que sa justice ne s'y bornera pas à tirer vengeance de ceux qui l'auront méconnu, mais encore qu'elle y demandera à ceux qui l'auront reconnu un compte exact des biens qu'il leur aura confiés. Par la même occasion, il nous apprend aussi avec quelle immense profusion il récompensera ceux qui les auront fait valoir, et avec quelle sévérité il traitera ceux qui n'en auront tiré aucun profit. Que réserve-t-il donc à celui qui les aura dissipés et perdus ?

L'histoire suivante a tant de rapports avec une autre qu'on vient de lire, que l'on croit, avec assez de fondement, que c'est la même histoire. Tout s'y ressemble, à deux circonstances près. La première ne parle que d'un aveugle guéri, et la seconde en rapporte deux; ce fut avant d'entrer à Jéricho que

Jésus-Christ rencontra le premier aveugle, et la guérison des deux autres est placée à la sortie de cette ville. Cette dernière différence est ce qui a fait le plus douter si ce ne serait pas en effet deux miracles différents, d'autant plus qu'il n'était pas absolument impossible que les circonstances qui sont semblables se rencontrassent dans l'un comme dans l'autre. Quoi qu'il en soit, comme rien n'est à perdre dans une matière aussi précieuse que l'est celle-ci, on a mieux aimé s'exposer au hasard d'une redite qu'à celui d'une omis- Luc, 19, \ 28. Et bis sion. « Après donc que Jésus eut prononcé cendens Jerosolymam.

dictis, præcedebat as

Matth. 20, † 29. Et » la parabole précédente, il prit le che

egredientibus illis ab » min de Jérusalem, marchant le premier. Jericho, secuta

eum turba multa. 30. » Comme il sortait de Jéricho, une grande Ecce duo cæci , Marc,

10, \ 46, filius Timæi » multitude de peuple le suivit. Deux aveu- Barti

Bartimæus, Matth. 20, gles, dont l'un s'appelait Bartimée, fils 30, sedentes secus

viam , audierunt quia » de Timée, qui étaient assis près du che- Jesus transiret; et cla

min, entendant dire que Jésus passait, Domine, miserere nos» se mirent à crier: Seigneur, fils de David, tri, Fili David. 31.

Tur

est

maverunt dicentes :

[ocr errors]
« ͹˹Թõ
 »